Cosmétique
Polissage
Le polissage n'est pas une finition cosmétique qu'on ajoute à la fin d'une révision : c'est un métier à part entière, que nous avons choisi de placer au cœur de notre atelier dès sa création. Trop de boîtiers et de bracelets sont négligés, traités comme l'accessoire d'un mouvement. Nous faisons l'inverse. Une montre se porte au poignet, elle se regarde, elle vit au contact du quotidien — et l'extérieur mérite la même rigueur que l'intérieur. Redonner sa ligne à un boîtier, c'est respecter le dessin d'origine voulu par l'horloger qui l'a conçu.


Notre travail commence par une lecture de la pièce. Avant de toucher au métal, nous distinguons ce qui relève du brossé, du poli-miroir, des arêtes vives qui font le caractère d'une montre. Un mauvais polissage arrondit ces angles, efface les facettes, fait fondre les chanfreins : la montre perd sa géométrie et, avec elle, une partie de sa valeur. Nous polissons à la main, secteur par secteur, en préservant ces transitions. Pour les marques modernes, nous respectons le cahier des charges des finitions d'origine ; pour le vintage, nous adaptons notre geste à l'âge et à la matière, sans jamais chercher à effacer toute trace d'une vie de montre.

Pour les altérations les plus profondes — chocs, manques de matière, stigmates qu'un simple polissage ne peut rattraper — nous utilisons une soudeuse laser. Elle nous permet de recharger le métal localement, de reconstruire une arête ou de combler un impact avant de retravailler la surface, en conservant la forme originale du boîtier ou du bracelet. C'est cette combinaison, lecture juste de la pièce et maîtrise de la recharge, qui nous autorise à parler de restauration et non de simple ravivage. Reste un principe que nous rappelons à chaque client : le polissage est une solution, pas une habitude. Une montre ne se polit pas tous les ans. Mieux vaut la laisser vivre, et n'intervenir qu'au bon moment — avant une vente, ou quand l'usure le justifie vraiment.
